ENGAGÉ·ES

Rencontre avec Nathalie Carlier, écrivaine publique dans la Cité Rouge

 

Ecrivaine publique 3F Nathalie Carlier
© Maxime Bessières

 

Une fois par semaine, Nathalie Carlier met de côté son activité principale pour venir officier en tant qu’écrivaine publique dans la Cité Rouge, à Gennevilliers. Elle y tient depuis deux ans une permanence dans un local mis gracieusement à disposition de 3F par le Centre Social de la ville.

En quoi consiste votre rôle d’écrivaine publique ?

Je reçois des habitant·es du quartier et je produis les documents dont elles et ils ont besoin. Les résident·es peuvent prendre rendez-vous auprès des agent·es d’accueil du local, que nous partageons avec une autre association. Je rencontre les locataires de 3F une fois par semaine, lors d’une permanence de 2 h 30, ce qui me permet de m’entretenir avec quatre personnes par permanence.

J’écoute leurs problématiques et je réponds à leurs demandes : je m’occupe principalement de leurs démarches administratives, de rédiger des recours et des dossiers d’abonnements… mais il m’arrive de traiter des urgences, que je ne refuse jamais, ou d’avoir à écrire des courriers personnels.

À cause de la dématérialisation de l’administration, certaines personnes se retrouvent dans l’impossibilité de réaliser leurs démarches, parce qu’elles n’ont pas accès aux outils ou qu’elles ne les maîtrisent pas. Il est donc important qu’elles puissent recevoir de l’aide. Il m’arrive de créer des espaces persos sur des sites de l’administration et d’accompagner les locataires dans leurs démarches en ligne. Certain·es résident·es me sollicitent pour écrire à 3F : pour des demandes de changement de logement parce que celui-ci devient trop petit ou pour des soucis techniques divers.

Ma mission comporte également une dimension administrative : je note le nombre de personnes que je reçois et l’objet de leurs requêtes ce qui me permet de réaliser des statistiques sur les besoins des habitant·es. Je transmets ensuite ces données à 3F.

Être une écrivaine publique, est-ce un rôle engagé ?

Oui ! Quand des locataires que j’aide pour une démarche reviennent me voir en me disant que leur dossier a abouti ou que leur droit a été reconnu, je suis fière du travail que nous avons effectué ensemble. La mission que je mène auprès de ces personnes leur permet d’avoir accès à leurs droits, de les faire valoir, de pouvoir s’exprimer et se faire entendre. C’est très gratifiant pour moi.

J’aime être au contact des familles et leur apporter mon soutien. Je maîtrise très bien les questions administratives et les procédures de recours, il me semble donc normal de partager cela avec celles et ceux qui ne connaissent pas ce domaine, en raison de sa complexité ou à cause de la barrière de la langue.

Quels sont vos projets en tant qu’écrivaine publique pour le futur ?

J’espère pouvoir continuer à accompagner les habitant·es du quartier parce que j’aime mon métier. On parle de simplification des documents administratifs, mais ce n’est pas du tout le cas. Aider ces gens à se faire entendre, c’est essentiel pour moi.

 

 

 

 

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