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Et si on étendait le mieux vivre-ensemble à la biodiversité ? 

 

 

 

Végétalisation des toitures, jardins partagés, permis de végétaliser, la nature réinvestit les villes là où la densification lui laisse de la place. Un phénomène qui concerne également le parc de logements sociaux français. Et si la biodiversité contribuait au mieux vivre-ensemble en milieu urbain ? Le point sur les bénéfices attendus. 

D’après les projections de l’ONU, la population mondiale comptera 9,7 milliards d’individus en 2050, dont 70 % vivront en ville. Cette explosion du nombre de citadin·es est appelée à renforcer les effets négatifs de l’urbanisation : augmentation de la pollution atmosphérique, recul des terres agricoles, appauvrissement de la faune et de la flore. A l’échelle mondiale, la biodiversité est en danger. Selon le rapport « Planète vivante » 2018 de WWF, les populations de vertébrés ont chuté de 60 % en moins de 50 ans et le rythme d’extinction est 100 à 1 000 fois plus rapide que par le passé. En zone rurale comme en milieu urbain, la biodiversité est pourtant essentielle à une bonne qualité de vie. Le réchauffement climatique va encore aggraver ce phénomène, en même temps qu’il multipliera les épisodes de fortes chaleurs. Il est donc urgent de trouver des solutions pour que l’habitat urbain reste vivable. 

Pour corriger le tir, la loi pour la reconquête de la biodiversité, promulguée en 2016, vise notamment à une intégration plus forte de la dimension environnementale dans l’aménagement. Le plan biodiversité, élaboré la même année par le Ministère de la Transition écologique et piloté par l’Office français de la biodiversité, prévoit quant à lui d’améliorer la résilience des territoires face aux changements climatiques et de « renforcer l’intégration des enjeux de biodiversité dans toutes les composantes de l’aménagement ». Avec 4,6 millions de logements à leur actif, les bailleurs sociaux sont concernés au premier chef par ces enjeux. 3F échosresponsables fait le point sur les bénéfices de la biodiversité pour le parc HLM. 

 

La végétalisation, un facteur de bien-être

 

 Phénomène bien connu des scientifiques, l’évapotranspiration, c’est à dire la transpiration des végétaux, produit de la fraîcheur et permet de faire baisser la température ambiante de plusieurs degrés. Les plantes agissent en véritables régulateurs thermiques. 

« Renforcer la végétation en ville permet non seulement de réduire massivement l’îlot de chaleur urbain, mais aussi de mieux isoler thermiquement les bâtiments » selon Marc Barra, écologue et chargé de mission à l’Agence régionale de la biodiversité en Ile-de-France Et le gain permis par la végétalisation est conséquent, de 2 à 3°C ressenti par les habitant·es au dernier étage des bâtiments.  

De fait, les toits végétalisés, les plantations en pleine terre et la création des canopées sont en train de se multiplier dans les nouvelles constructions pour permettre aux habitant·es de mieux supporter les épisodes caniculaires, appelés à devenir plus fréquents dans l’avenir. Pour les bailleurs, ces dispositifs naturels permettent en outre d’atteindre plus facilement les objectifs d’efficacité énergétique fixés par les réglementations environnementales, mais également par des labels spécifiques comme BiodiverCity.  

Mais ce n’est qu’une partie de l’équation. Ce retour du vert correspond également à une attente forte des citadin·es qui sont 53 % à considérer, selon une enquête réalisée par le cabinet NewCorp Conseil en 2018, que le contact avec la nature est essentiel à leur bien-être. 

 

Restaurer la biodiversité 

 

En misant sur toute une série d’initiatives, comme l’installation de nichoirs à oiseaux, d’hôtels à insectes et le développement de la gestion en « zéro phyto », les bailleurs sociaux favorisent le retour des espèces animales et végétales sur le déclin en ville. 

Et les plantes ont d’autres atouts dans leurs pots. Elles sont tout d’abord un vecteur de cohésion sociale dans les espaces dévolus au jardinage. Par ailleurs, en permettant aux habitant·es de cultiver fruits et légumes sans utiliser d’engrais et de pesticideselle les transforme en acteurs de la biodiversité. Une façon de renouer avec la tradition des jardins ouvriers, qui permettaient autrefois à chaque habitant·e d’un logement social de produire ses propres aliments. 

Actuellement, les initiatives visant à reverdir les logements sociaux fleurissent un peu partout en France. Ces projets s’inscrivent dans la transformation du parc HLM vers un modèle plus durable, plus sobre et plus respectueux de l’environnement. Surtout, en reconnectant les habitant.es à la nature, ils sont synonymes pour leurs occupant·ed’un meilleur cadre de vie.  

 

 

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